Troisième édition très en forme des cartes blanches Not For Tourists-Paris.com à l'International avec pour dézinguer l'automne: Titus D'enfer, Ho Ag et Jordan... Bouillant
JORDAN
jordanmusic.free.fr
Ces gars-la sont de doux furieux. Trio post-punk parisien, Jordan balance des morceaux taillés à grands coups de guitare, tantôt acérée, tantôt saturée, aux rythmiques puissantes et dansantes,
portées par un synthé qui donne une fraîcheur assez folle à des compositions qui vont à l’essentiel. En digne héritier de Fugazi, Q and not You, At the Drive in ou Robocop Kraus, Jordan ne fait ni
dans la fioriture, ni dans le lisse et poli mais délivre des ambiances désarmantes, à la fois frêles et accrocheuses, flirtant aussi bien avec l’aguicheuse pop qu’avec l’instabilité de chants
mélodiques éraillés. Jordan ne fait pas non plus dans la demi-mesure mais déverse en continu une fougue juvénile avec une urgence et une sincérité qui leur ont acquis une reconnaissance live au fur
et à mesure de leurs tournées-marathon en Europe et en Amérique du Nord, multipliant les concerts furieusement communicatifs aussi bien sur des gros festivals que dans des squats pourris.
Après Go back to the gym kid !, premier EP moite et métallique autoproduit sur le label Motoneige et ambitieusement enregistré à Montréal derrière les consoles de Howard Bilerman (Arcade Fire,
GodSpeed You ! Black Emperor) et Brian Paulson (Slint)
HO- AG
http://www.ho-ag.com/
Ho-Ag joue un mélange étrange de rock et de science-fiction de série B. Les sons utilisés incluent guitares, bass, synthés Moog, Theremin, modules électroniques et percussions. Les membres sont
originaires de l'Ohio (Matt Parish, Tyler Derryberry), du Massachussetts (Eric Meyer) et de l'Alaska (Ryan Brown).
C'est un travail difficile et de longue haleine qui utilise des bouts épars de bande-sons de maisons hantées, des guitares grinçantes, des bouts de synthés, et de New Wave joués à l'envers, des
restes de paroles qui traversent la musique en cahotant comme le fantôme perdu d'un vagabond paumé dans les limbes.
Ils se réunirent à Boston et sortirent en auto-production un EP hanté appelé "Pray for the Worms", mélangeant des ambiances tordues à la Tm Waits avec du noise-rock brut de décoffrage qui leur
gagnèrent de nombreux fans parmi ,les mateurs de storytelling décalé et de cynisme dans l'esprit Boredoms. Ils sortirent quelques autres titres sur Mister records (qui publie Devil Music, Neptune
et Animal Hospital) qui les virent s'attaquer au surf-rock atonal et au sludge brutal.
Ils signèrent finalement csur le label Hello Sir Records basé à Athens, Géorgie ( label de Maserati, Cinemechanica, et We Versus the SHark), et sortirent leur album shizophrénique et apocalyptique
The Word from Pluto (qui reçut un accueil critique chaleureux aux Etats-Unis, y compris une chronique enthousiaste dans Pitchfork) en 2006. Ils retournèrent sur les lieux du crime pour sortir
Doctor Cowboy, jusqu'ici leur oeuvre la plus sombre, une longue balade dans les zones irradiées aux frontières de l'indus, de l amagie vaudoue foireuse, du bellicisme manique et des la décadence
mécanique ignorée.
La musique de Ho-Ag marcheà la fois à l'instinct visionnaire, au triturage de neurones et aux tripes, comme des éclats de Philip K Dick, Alban Berg et The BIrthday Party infectant la même blessure.
Ce genre de Main d'Acier dans un Gant de Velours jouant de la trompette en sourdine qu'on a du mal à vraiment comprendre.
TITUS D'ENFER
http://www.myspace.com/titusdenfer
Titus d’Enfer est le 22ème roi de la prestigieuse famille d’Enfer. Son royaume s’étend des flaques d’eaux de Bougainville jusqu’aux plaines de choux rouges de Rioux les Gonesses. Cette famille
règne sur ce vaste territoire depuis des âges que nulle mémoire ne pourrait révéler. Seul le volumineux livre d’Enfer de Fer, enfermé dans le coffre de la bibliothèque (près de la cafetière),
retient automatiquement l’histoire de la famille. Après l’incendie de la bibliothèque en l’an 2202, où péri la totalité de sa famille et de ses sujets, le brave Titus, confronté à lui-même,
abandonna son château dont il ne garde qu’une maigre gravure, enfouit précieusement au fond de sa besace, dernier vestige de l’incendie qui ravagea toutes les productions littéraires de sa lignée.
Titus, conscient de sa noble royauté, avait inconsciemment anticipé cette perte et, tout au long de son éducation, il n’avait point omis d’apprendre avec acharnement les valeurs et la liturgie du
royaume d’Enfer. Grâce au célèbre précepteur Grimace Le Cutéreux, feu maître des luxuriantes contrés rocheuses de Marée-la-Mollesse, il pu acquérir, bien avant l’infâme destruction, le patrimoine
séculaire de ses ancêtres. Alors que Titus parcourait les ruines, il découvrit dans la chambre au Mille Secousse, lieu de toutes les orgies musico-équestre, qu’un instrument avait résisté aux
flammes. Celui-ci, apercevant Titus, entama sa fructueuse chansonnette. Grâce à cette mélodie absolument détestable, Titus le reconnu. Le fantastique Antonelli, en chair et en bois qui, il y a plus
de mille ans, n’était autre que l’un des grands-pères de Titus, transformé en clavier pour avoir perdu la bataille de Moisir-Coquille, sur les champs des onctueux matelas de Chamois-la-Bougresse.
Compagnon de malheur, Titus décida d’emporter le balourd Antonelli, et ainsi faire face à l’interminable migration. Le voici, lasse, parmi vous, hier, maintenant, demain, Titus d’Enfer, Titus
l’errant, accompagné de son fidèle Antonelli, ils vagabondent de bourgade en bourgade, de cité en cité, cherchant l’oreille qui aurait la bienveillance d’écouter ses mélopées-douces, native d’une
époque révolue, mais qui au son d’un duo voix et clavier, ne cesse, dans un éternel retour, d’ouvrir les portes du royaume d’Enfer. « Ô chagrin du bonheur, clamait Titus en jetant un œil humide sur
son vaste royaume. Ô quelle marâtre destiné ! Qu’elle sorcellerie perfide a ainsi réduit les miens et mes terres en un spectacle désolant ! Me voilà déjà loin, oh oui, si loin de ce château qui
assista à ma naissance et qui vit de ses yeux globuleux la floraison de mes 18 bras, qui selon la tradition, furent coupés chaque année, comme on élague à chaque saison le pachydermique Boileau de
la cour aux escargots. Quelle tristesse ressentie lors de la perte de mes bras, aujourd’hui je n’en possède plus que deux, mais je les offrirais volontiers à celui qui rendrait à mon royaume le
prestige de la vie d’antan! Oh oui, mon corps s’il le faut ! A présent, ce même corps est jeté sur les routes, il ne reste plus qu’à chanter l’exode, la li la la…. ».